Appel pour un rassemblement national des délégués de laboratoires

Antony, Cemagref (10/03/09)

mardi 10 mars 2009 par Admin

Cemagref Antony en lutte pour un EPST durable

Déclaration et plate-forme revendicative adoptées par l’AG des personnels du site d’Antony du Cemagref le 10 mars 2009

Malgré la montée du chômage, malgré l’ampleur des mobilisations, le Président de la République vient de confirmer qu’il poursuivra la politique de suppressions d’emplois massives dans le secteur public (les fonctionnaires ne sont que des "dépenses de fonctionnement", des charges pour la société, seul l’emploi dans le secteur marchand est digne du soutien de l’Etat !). Dans son discours du 22 janvier consacré à la recherche et l’innovation, il s’est payé le luxe de dénigrer la recherche publique, à coup d’arguments fallacieux et de contre-vérités. Et il a réaffirmé sa volonté de poursuivre – et même d’accélérer – les réformes en cours et de faire disparaitre les EPST en tant qu’organismes de recherche. Nous n’acceptons pas d’être ainsi jetés en pâture à l’opinion publique et condamnés sur de fausses accusations. Et nous sommes persuadés que le modèle de remplacement qui nous est imposé – transformation des laboratoires de recherche (des EPST et des universités) en PME concurrentes sur le marché des agences de moyens et des entreprises, précarisation de l’emploi, culture du résultat et de la performance, évaluation politico-technocratique, déréglementation des statuts et des rémunérations, alourdissement de la gestion administrative, multiplication et empilement des structures – non seulement est un recul pour les personnels mais ne constitue en aucun cas un progrès pour l’efficacité de la recherche publique, pas plus que pour les autres services publics (éducation, hôpital, poste,...). Le gouvernement doit tirer les leçons de la crise écologique, économique et sociale où nous a conduit ce modèle du "tout-loi du marché" et changer de logique !

C’est pourquoi nous déclarons que nous refusons de collaborer à la destruction du service public de recherche et d’enseignement supérieur.

Nous déclarons le centre d’Antony du Cemagref "en lutte", ce qui signifie :

o que nous souhaitons apporter notre soutien à la mobilisation dans les universités et les "labos en lutte", aux revendications portées par la Coordination Nationale Universitaire

o que nous souhaitons inscrire notre résistance Cemagref, sur la base des revendications ci-après, dans une perspective commune et solidaire de défense et d’amélioration du service public d’enseignement supérieur et de recherche,

o que nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour stopper l’avancée des "réformes" et leur mise en application concrète au Cemagref. En particulier en participant activement à tout ou partie des actions collectives lancées en ce sens : assemblées générales, grèves, manifestations, refus de réaliser des expertises pour le compte de l’ANR et de l’AERES, rétention des indicateurs d’activité, soutien à la démission collective des représentants du personnel SUD-Recherche-EPST, FO et CGT des instances... et d’autres qui seront à inventer et poursuivre dans la durée pour arriver à faire fléchir le gouvernement.

Ce que nous voulons

Nous, personnels du Cemagref Antony, nous battons pour un service public d’enseignement supérieur et de recherche indépendant des pressions des pouvoirs politiques et économiques, au service de toute la population, que seuls peuvent garantir un statut de fonctionnaires pour les personnels et des crédits budgétaires de l’Etat pour financer les activités. Cela passe par :

o la restitution des emplois de titulaires et allocations de recherche supprimés au budget 2009 et un plan pluriannuel de création d’emplois pour permettre de résorber l’emploi précaire et de développer les activités de manière durable ;

o un plan de titularisation des précaires, un vrai contrat de travail pour tous les doctorants (mais pas le "contrat doctoral" que propose aujourd’hui V. Pécresse, avec un salaire négociable de gré à gré entre labo et doctorant pour "faire jouer la concurrence" !) ;

o le respect des missions et des statuts spécifiques des personnels des universités et des personnels des organismes de recherche : retrait du projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, des chaires "jeunes enseignants-chercheurs" d’élite, maintien du statut de chercheur à temps plein dans les EPST et retrait du projet de prime d’excellence scientifique pour les chercheurs que propose V. Pécresse, conditionné à un service d’enseignement obligatoire (1/3 de temps) dans l’enseignement supérieur...

o une revalorisation substantielle des salaires et des carrières pour tous et non des distributions de primes à quelques-uns payées par les suppressions d’emplois ou prélevées sur les ressources propres des laboratoires, comme envisagé aujourd’hui tant au niveau Fonction Publique qu’au niveau du MESR : retrait du projet de "prime d’excellence scientifique" pour les chercheurs et de "prime de fonction et de résultats" pour les personnels ingénieurs, techniciens, administratifs ;

o le maintien d’équipes de recherche intégrant pleinement chercheurs, ingénieurs, personnels techniques dans un travail collectif (non au partage de la pénurie d’enseignants-chercheurs et de techniciens entre universités et organismes, au développement de "plateaux techniques" mutualisés, de la sous-traitance) ;

o l’augmentation substantielle des crédits de soutien de base aux EPST et établissements d’enseignement supérieur (l’argent existe : il suffit de le réorienter de l’ANR et du Crédit Impôt Recherche vers les budgets des organismes et des universités !) ;

o l’arrêt de toutes les réformes en cours dans les organismes, qui ne visent qu’à démanteler et faire disparaitre les EPST, et l’ouverture de véritables discussions au niveau ministériel avec tous les acteurs concernés ;

o le maintien des EPST dans toutes leurs fonctions (capacité de financer, de mettre en œuvre une politique nationale d’organisme et de bénéficier d’un dispositif d’évaluation scientifique adapté) et la démocratisation de leurs instances ; Spécifiquement pour le Cemagref :

o le rétablissement de tous les emplois supprimés au budget 2009 ;

o la mise en chantier d’un avenant au contrat d’objectifs comportant un engagement des tutelles sur les moyens alloués par l’Etat au Cemagref dans les budgets futurs, en particulier sur des créations d’emplois de titulaires ;

o le maintien du dispositif d’évaluation du Cemagref, après validation par l’AERES


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